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Assemblages
moléculaires et interactions en surface
Vladimir. A. Esaulov, Céline
Dablemont*
Thirunavukkarasu Kandasamy (post-doctorat)
Hicham Hamoudi (thèse)
Lin CHEN (thèse)
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| Introduction |
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L'activité de l'équipe concerne l'interaction de
particules atomiques et moléculaires avec des surfaces, la
croissance de nanoparticules et de couches minces métalliques
ainsi que l'autoassemblage de molécules organiques. D'une part,
nous utilisons l'interaction atome/ion-surface comme un outil d'analyse
de la composition des surfaces. D'autre part, d'un point de vue plus
fondamental, nous étudions des processus de pertes
d'énergie lors de la pénétration d'ions dans un
solide et les dommages induits, ainsi que des processus de transfert
d'électrons lors de l'interaction ion/atome-surface. Les
thèmes plus récents visent à étudier les
caractéristiques de la formation et les propriétés
de nanostructures et couches minces sur différents substrats y
compris des couches organiques autoassemblées. Ces couches
organiques présentent un intérêt en
électronique moléculaire et dans la fabrication
d'implants. Certaines de ces études seront menées en
ultravide, d'autres à l'air.
Les processus de transfert d'électrons jouent un rôle
fondamental dans la réactivité gaz-surface. De ce point
de vue, notre approche nous permet de mettre en évidence les
caractéristiques spécifiques d'une interaction qui ne
peut pas être sondée par l'analyse des produits d'une
réaction en surface a posteriori . Il s'agit de
l'interaction d'une particule en mouvement avec une surface. Nos
études récentes ont porté sur les
caractéristiques de ce processus sur des métaux en
fonction de différentes faces cristallines et sur des surfaces
exposées aux gaz réactifs. Ceci nous a conduits ensuite
à explorer le cas de la transition d'une surface
métallique vers le cas d'une couche diélectrique et enfin
d'un diélectrique massif. Ces études sont actuellement
étendues au cas de nanoparticules métalliques
supportées et des couches métalliques ultraminces.
L'objectif de cette extension est de comprendre les
caractéristiques des interactions avec des systèmes
nanoscopiques caractérisés par des effets de confinement
quantique. Ces cas sont particulièrement intéressants du
point de vue de la réactivité
« inhabituelle » de nanoparticules
métalliques dans la catalyse.
Quelles sont les implications de nos études
expérimentales, notamment pour ce qui concerne les
mécanismes de pertes d'énergie pouvant avoir lieu lors de
l'interaction d'une particule avec un solide et les dommages
induits ? Elles sont liées à des applications telles
que l'implantation ionique pour le dopage de semiconducteurs. Elles
interviennent également dans le contexte de l'utilisation d'ions
dans le secteur médical. Nos expériences récentes
ont porté sur le freinage d'ions de basses énergies sur
des surfaces. Dans ces expériences, nous étudions les
caractéristiques du freinage dans le cas des fortes variations
de densité électronique qui sont rencontrées
à l'intérieur d'un cristal. Nous étudions
également les dommages induits dans l'ADN par des ions lents.
Ces études seront étendues aux cas de couches
autoassemblées de molécules organiques comme
modèles de systèmes organiques.
D'autres études récentes portent sur la croissance de
couches métalliques sur des couches de molécules
organiques. Ce sujet est lié à la formation de contacts
en électronique moléculaire. De manière plus
générale, ce thème se rattache à
l'étude des propriétés de l'interface
organique-inorganique et de systèmes hybrides.
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| Appareillage |
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Nos études mettent en oeuvre diverses techniques de
préparation, traitement et analyse de surfaces et d'analyse des
produits de l'interaction particule-surface. Un appareillage a
été nouvellement construit. Il comporte divers
systèmes d'analyse d'électrons, de photons, de particules
atomiques et moléculaires. Le dispositif utilisé consiste
en deux ensembles ultravide (Fig. 1) liés. Le premier est plus
particulièrement orienté vers l'étude
d'assemblages de molécules en surface par la spectroscopie
infrarouge en diffusion rasante (RAIRS). Le deuxième permet des
mesures de perte d'énergie d'ions et d'atomes diffusés en
fonction de leur angle de diffusion par des techniques
électrostatiques et de temps de vol (ISS, TOF-DRS). L'appareil
se prête à la spectroscopie d'électrons
éjectés et de photons émis. Il est
équipé d'évaporateurs permettant la fabrication de
couches minces métalliques ou organiques ou le
dépôt de nanoparticules. Il comporte des systèmes
d'analyse des caractéristiques électroniques et
structurelles des surfaces ( LEED, AES, UPS, IPES etc)
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| Exemple de résultats |
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Un exemple de nos travaux
récents concerne l'étude de la dépendance du
processus de transfert d'électron en fonction de la taille de
nanoparticules d'or et d'argent sur une surface de TiO2 .
Cette étude est liée à la mise en évidence
récente de l'activité catalytique de nanoparticules d'or
sur TiO2 . L'activité d'un catalyseur et sa
sélectivité vis-à-vis de certaines
réactions dépendent fortement de la taille et de la forme
de l'agrégat ainsi que de la nature du substrat sur lequel il
est déposé. De fortes variations dans la
réactivité sont observées quand le nombre d'atomes
en surface devient non négligeable par rapport au nombre total
d'atomes i.e. quand la coordination moyenne en surface de
l'agrégat devient différente de celle du volume. Ces
effets ont été discutés en termes de structure
géométrique ainsi qu'en termes de changement de la
structure électronique (passage de la limite d'états
discrets d'une molécule à la limite de bande pour un
solide de taille finie, effets de quantification liés au
confinement du gaz d'électrons).
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Fig. 2a
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Fig. 2b
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Les nanoparticules d'or ou d'argent sur
TiO2 ont été formées par
évaporation en ultravide. La croissance a été
suivie in situ par diffusion d'ions et rétrodiffusion de neutres
et ex-situ par microscopie électronique à balayage (SEM)
et à force atomique (AFM) (Fig. 2b). Des expériences sur
la neutralisation d'ions Li+ sur des agrégats de Ag
et Au ont été effectuées. Ces expériences
mettent en évidence une très forte augmentation de la
probabilité de transfert d'électrons sur des
agrégats de faible taille (< 3nm) aux bas taux de
recouvrement par l'or. Cette variation peut être liée aux
modifications progressives de la structure électronique qui,
pour les agrégats de grande taille, tend vers celle d'un cristal
massif et, pour les petites particules, correspond à la
transition métal-non métal.
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Un autre exemple de notre activité est l'étude du
dépôt d'or ou d'argent sur une couche autoassemblée
d'alkanethiols et de L-cystéine. Cette activité est
liée à la problématique de création de
contacts en électronique moléculaire où la
pénetration du métal à l'intérieur de la
couche organique peut nuire au fonctionnement du composant. Ici nous
utilisons les ions He+ comme sonde de la présence du
métal sur la couche de molécules autoassemblées.
L'énergie finale de l'ion, qui est rétrodiffusé de
la couche, est déterminée par l'angle de diffusion et la
masse de l'atome rencontré en surface (les ions qui
pénètrent dans la couche sont en général
neutralisés). Ce type d'histogramme d'énergie des ions
est montré en Fig. 3b en fonction du temps de bombardement par
les ions. Comme les ions pulvérisent les atomes de la couche, on
peut obtenir ainsi un profil en fonction de la profondeur de la couche.
Le cas de la Fig. 3b correspond au dépôt de plusieurs
monocouches d'argent sur la cystéine organisée sur l'or.
Les premières mesures n'indiquent pas la présence de
l'argent en surface. Il n'apparaît qu'après un certain
temps nécessaire à enlever la couche organique et on
déduit ainsi que, lors de l'évaporation, l'argent est
passé à travers la couche organique. L'objectif final de
ces expériences est de déterminer les conditions
d'immobilisation du film métallique au dessus du substrat
organique, sans pénétration dans la couche organique.
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Fig. 3a
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Fig. 3b
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Quelques publications
récentes
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Collaborations
P. Cortona -Ecole Centrale, Palaiseau
M. Canepa - Département de Physique, Université de
Gènes, Italie
O. Grizzi - Centro Atomico Bariloche, Bariloche, Argentine
RC Monreal- Département de Physique, Université Autonome
de Madrid, Madrid, Espagne
S. Nannarone - Département de Physique, Université de
Modena, Italie
J. Valdes et P. Vargas - Département de Physique,
Université F. Santa Maria, Valparaiso, Chili
Y. Yamazaki - RIKEN, Tokyo, Japon |
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